Une case en moins

10 décembre 2008

La folie est-elle à l'intérieur ?

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L'album : Les garde fous

Série :  one shot

L'auteur : Bézian

l'Editeur : Delcourt

La date : Juillet 2007

La page :  37

La case : 1

Le contexte :
Boriz Lentz, responsable éditorial des éditions Point de fuite est un riche jeune homme qui vit avec sa compagne : Alice Harno dans une superbe villa très moderne isolée au bord d'un lac et d'une forêt. Pour y accéder, deux moyens : le canot ou un tunnel privé sécurisé, spécialement aménagé.
Ce soir, le couple, qui partage aussi la maison avec Mr Harno et un jeune étudiant en stage : Adrian Villeneuve, reçoit à l'occasion de la parution du roman de Madga Meckenheim.
La fête bat son plein, mais au milieu de la soirée cependant, un appel du commandant Fedo Felix casse un peu l'ambiance. La police est en effet à la recherche d'un dangereux serial killer qui a été remarqué récemment dans la région. Dans la forêt, seulement connu de Alice vit aussi un drôle de personnage, un peu autiste, que la demoiselle fourni en livres. (...)
Tous les ingrédients sont donc réunis pour un suspense dont le dénouement sera ... évidemment tragique.

Dans cette page particulièrement remarquable, on assiste médusé à la mise en abyme du cinéma au sein du récit graphique.
Alors que Mr Lentz soupçonne quelque peu l'étudiant présent, il lui propose de visionner un film de vacances à Venise dans sa salle de home-cinema. Au lieu de cela, les images projetées sont celle d'un film classique d'Orson Welles. (...)
Voir ses images sur écran, et être à la fois lecteur d'une case de bande dessinée offre un voyage particulièrement riche en émotions. Ce parallèle entre deux médias n'est en effet pas si souvent utilisé ou montré aussi clairement, et ces images possèdent de plus une force et une signification propre qui, c'est le cas de le dire, "crèvent" la case.gardes_fou_othello

On reconnaît en même temps que l'étudiant le film projeté, et l'effet est surprenant.

L'étudiant reconnaît logiquement les images... et même si Boris Lentz le raccompagne un peu abruptement dans le tunnel sombre, pas complètement persuadé...c'est ce qui l'aura sauvé.

Nb : la belle villa a été entièrement conçue par Bézian, et il est vrai que l'architecture de cette maison moderne est particulièrement réussie. Tout comme les personnages sont présentés un par un, l'environnement intérieur et extérieur (le décor) nous est très précisément décrit et montré, permettant ainsi à la tragédie, dont je ne révèlerai rien, de se mettre en place, ...comme dans un film classique.     Bravo Bézian.

Posté par hectorvadair2 à 18:30 - Une case en moins - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Superbe. Il y aurait une thèse à faire sur cet album. Au fait : Mise en ABYMES (encore une singularité de notre belle langue)

    Posté par Christian, 12 décembre 2008 à 10:40
  • C'est sûr. La mise en scène, car on peut parler de mise en scène tellement le scénario fait référence au théâtre ou au classicisme de certain polars est vraiment exceptionnelle. Je pense qu'on peut parler de chef-d'oeuvre de Bézian, puisqu'à mon avis, ses précédentes bandes dessinées n'atteignaient pas ce degré de perfection.
    ...Ok, je corrige pour "abymes". Merci.

    Posté par Hectorvadair, 12 décembre 2008 à 20:45
  • Sauf erreur de ma part, cette somptueuse maison n'a pas été créée par Frédéric Bézian, mais par son frère, qui est architecte.

    Posté par totoche, 21 décembre 2008 à 00:26
  • Oups

    D'accooooord. Merci Totoche. Il est vrai que bien qu'une note le précise en début d'album, je n'ai pas tilté, ne connaissant pas le prénom de l'un et l'autre. Merci de la correction.

    Posté par Hectorvadair, 28 décembre 2008 à 23:57

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