Une case en moins

05 décembre 2008

Sous le signe du scorpion

topip26case5

L'album : Le joyau mongol

Série : Le collectionneur

L'auteur : Toppi

l'Editeur : Mosquito

La date : Janvier 2002 (reed)

La page :  26

La case : 5

Le contexte :
"Loin des salles de ventes aux enchères feutrées le collectionneur traque l'objet d'art volé. Ce dandy pirate est aussi à l'aise chez les Dayak que Lupin chez les rupins, le crime en plus. Et gare aux vulgaires, car face à cet esthète du méfait, ne pas respecter les bonnes manières conduit droit à la mort sans frais. Des jungles de Bornéo aux plateaux Afghans, se déploie le cruel marivaudage des héros coloniaux, maîtres es-rapines et embuscades florentines (...)" (Présentation de l'éditeur)

Dans cet épisode, qui commence dans les Carpathes, le Collectionneur est à la recherche d'un joyau en forme de larme, renfermant l'âme d'un cheval mongol du moyen-âge. (...)
Cette aventure l'amène à Bornéo, où il tombe malheureusement avec son guide dans un piège pour Oran- outang, dressé par un rabatteur Dayak.
Cette tribu plutôt sauvage est mené par une princesse blanche cruelle et masquée : Franziska Elodie.

Celle-ci, déçue du résultat de la chasse, et ne voulant pas perdre la face devant ses guerriers, condamne le rabatteur à une peine capitale : il sera attaché sous un scorpion, tendu par un fil, et sera piqué sur le front une fois la liane détendue.
Le Collectionneur, à la fois gentleman, et héroïque, propose alors un pari : les yeux bandés, il va tâcher de viser à plusieurs pas le scorpion. S'il gagne, le rabatteur est sauvé et lui-même pourra partir. S'il perd, il prendra sa place.
On a ici à faire à une case plutôt classique dans sa forme en rapport aux constructions de planches très éllaborées de Sergio Toppi, auteur italien né en 1932 réédité par Mosquito en France dés 1997, mais ayant été découvert dans les années 70 par, entre autre : l'Histoire de France en bande dessinée, et la série : "Un homme, une aventure".toppipage23
On remettra d'ailleurs en perspective cette construction avec le parallèle d'une des planche précédente (page 23).

Dans ce récit en noir et banc, le suspense est privilégié à la couleur (cf. Sharaz-de, chef-d'oeuvre de l'auteur), mais le dessin reste magnifique, tout en hachures et précision.
Le style Toppi est reconnaissable entre mille, et délectable.

Cette case, ménageant le supense, et à l'atmosphère lourde et cruelle est à cet égard particulièrement remarquable.

Posté par hectorvadair2 à 08:56 - Une case en moins - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Pratt, Toppi, que du bon sur ce blog...

    J'aime bien le principe d'étudier une page, une case en particulier. Les petites astuces de Toppi se cachent dans la composition de la page, comme dans Sharaz-de : le pistolet de la case 1 qui pointe le visage de la case 4, le Collectionneur de la case 2 qui masque le scorpion en-dessous (pourra-t-il supprimer la menace complètement ?), la structure des trois premières cases qui fait penser à une fenêtre à guillotine...
    C'est ce qui fait aussi la particularité du format BD, le dialogue des cases entre elles au sein de la page. Et ce qui déçoit quand on voit l'oeuvre de Pratt charcutée pour les différents formats commerciaux.

    Posté par Mann, 05 décembre 2008 à 15:04
  • Petits formats...

    Toppi est un très grand auteur, pas assez connu par le public français lecteur de bande dessinées malheureusement, malgré le beau travail de réédition de Mosquito. Pour moi (et pour beaucoup d'amateurs) c'est l'un des plus grands. Evidemment il a beaucoup travaillé le noir et blanc, or on sait bien que la tendance "populaire" est dans l'album couleur de blagues de blondes ou de fonctionnaires ( ...)
    Aussi, ceci explique cela.
    Ceci dit, effectivement, le langage de la bande dessinée est particulièrement jouissif pour tout ceux qui comme toi, moi, Li Ann et des milliers d'autres sont tombés dedans à un moment donné, pour ne plus en ressortir. Une source inépuisable de découvertes, de joies et d'étonnements, à laquelle ce blog tentera (il est encore jeune) de rendre hommage à sa mesure.
    Merci de ton commentaire.

    Posté par hectorvadair, 05 décembre 2008 à 23:03

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